INTRODUCTION

12 03 2008

 

LES RAISONS DE L’ENGAGEMENT

DE VOLONTAIRES FRANCAIS

SOUS

L’UNIFORME ALLEMAND

( JUILLET 1941 – MAI 1945 )





« Si nous voulons comprendre l’attitude de collaborateurs, il faut les considérer sans passion et les décrire avec objectivité d’après leurs paroles et leurs actes. »

Jean-Paul SARTRE



« Il n’y a pas de vérité sacrée, c’est à dire interdite à la pleine investigation de l’homme… Ce qu’il y a de plus grand dans le monde, c’est la liberté souveraine de l’esprit. »

Jean JAURÈS



« Une vérité, quelle qu’elle soit, nuisible pour le moment, est nécessairement utile dans l’avenir. Un mensonge, quel qu’il soit, avantageux peut-être pour le moment, nuit nécessairement avec le temps. [...] L’homme ne se repose que dans la vérité. »

DIDEROT



 » La guerre est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent, mais qui, eux ne se massacrent pas. »

Paul VALERY














TABLES DES MATIÈRES


AVANT-PROPOS.


INTRODUCTION :



I) FRANÇAIS DE LA L.V.F:

A. CRÉATION DE LA L.V.F :

1 : De  » BARBAROSSA  » à l’initiative de la L.V.F :

a)Les conséquences du 22 juin 1941.

b)L’initiative politique de la L.V.F.

2 : Le recrutement des candidats :

a) Effectif de la L.V.F.

b) Origine sociale des candidats volontaires.

c) Intérêt financier ?

B . UN MONDE POLITIQUE :

1 : Les hommes publics :

a) Qui sont-ils ?

b) Rôle et engagement de DORIOT.

2 : Des légionnaires politisés :

3 : Message du Maréchal PÉTAIN.

*) Influence sur les hommes.

• Pierre RUSCO

• Pierre ROSTAING

C. LES FRANÇAIS EN FELDGRAU :

1 : Pourquoi l’uniforme vert-de-gris ?

2 : Les réactions des volontaires.

 

II) FRANÇAIS DE LA WAFFEN-SS :

A. UNE CERTAINE VISION DE L’ALLEMAGNE HITLÉRIENNE :

*: Déjà avant la guerre.

a)1936 : Les Jeux Olympiques.

b)1937 :  » La Gerbe des Forces « .

B. LA WAFFEN-SS S’OUVRE AUX FRANÇAIS :

1: LAVAL autorise (juillet 1943).

2: DARNAND prête serment : un  » tournant  » pour la Milice (août 1943).

C. LA WAFFEN-SS :

1: Pourquoi attire-t-elle ?

2: Son impact sur les jeunes.



III) FRANÇAIS DE LA L.V.F ET DE LA WAFFEN-SS, MÊME

COMBAT ?


A. PAR ANTIBOLCHEVISME :

1: Le communisme,  » danger le plus grave « .

2: Par anglophobie.

3: Par antijudaïsme.

4: Croisade pour ou contre le Christianisme.

B. POUR L’EUROPE :

C. JUSQU’AUX DERNIERS JOURS :


CONCLUSION :


*******************************************************************

 

AVANT-PROPOS

Il m’a été donné de rencontrer un de ces Français  » survivants de l’aventure hitlérienne  » (01).

Pendant des années, je n’ai rien su de son passé. Un jour, il s’est confié.

J’étais étudiant en Histoire, il ne put s’empêcher de me raconter  » son  » histoire.

Il m’a appris comment après un très long parcours où « les places étaient chères » (02), il a fini par se retrouver à la  » division CHARLEMAGNE  » (03).

INTRODUCTION

L’homme est par nature un être complexe. Il est souvent difficile de saisir les raisons profondes qui le poussent à agir et à prendre une décision importante qui marquera un tournant dans son existence.

Au moment où cet homme s’engage sur cette nouvelle voie, il ne se rend pas toujours compte de son acte – que l’Histoire, elle, retiendra – ni des conséquences que cet acte aura sur sa vie future.

Le but de cette étude est de mettre en lumière les raisons qui ont poussé ces Français, pour la plupart très jeunes, à oser un des gestes les plus radicaux – ô combien ! – de l’Histoire.

Ils ont revêtu l’uniforme d’une armée contre laquelle ils avaient lutté, sinon tous du moins certains ; cette armée avait défait leur pays en juin 1940 et en occupait désormais une partie importante.

Ce mémoire se propose simplement d’apporter une meilleure compréhension de cette époque, une des plus douloureuses de notre histoire nationale.

Il tente aussi de mieux cerner la personnalité et la psychologie particulière de ceux qui dans cette période de troubles, ont fait ce choix !

L’étude porte sur l’aspect événementiel, l’aspect psychologique et le pourquoi de leur engagement. Elle se fonde sur des témoignages oraux, des lettres manuscrites, des ouvrages souvenirs d’ »anciens » et des journaux d’époque. Beaucoup d’informations m’ont été données directement par des acteurs survivants.

J’insisterai sur le parcours de quelques-uns afin de montrer les particularités que renferme chaque destin.

D’ores et déjà, je peux dire que ces rencontres m’ont moi-même intéressé, voire passionné. Je pense sincèrement que l’on peut trouver dans leur propos un intérêt certain, une information nouvelle, et matière à réfléchir dans le domaine des motivations, notamment. Ces hommes font partie de l’Histoire de notre pays, le fait de recueillir leur témoignage permet d’enrichir la mémoire collective.

De nombreux ouvrages historiques ont été écrits sur la Résistance, mais peu sur les motivations de la collaboration militaire avec le IIIème Reich.

La plupart des ouvrages, souvent de vulgarisation, retracent les aventures militaires et mettent surtout l’accent sur les combats du front russe. Ils n’accordent que quelques lignes aux motivations profondes de l’engagement quand elles ne sont pas purement et simplement passées sous silence.

Les livres à grand tirage ne font ressortir de la démarche des « frères d’armes » des Allemands que le côté « western-vodka » selon, le jugement sévère de beaucoup d’ »anciens« .

Les limites du sujet m’ont paru devoir être fixés de juillet 1941 à mai 1945 (chute du IIIème Reich). Mais, bien avant juillet 1941, date de la création de la L.V.F, (la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme.) Des Français se sont portés volontaires à titre individuel pour s’engager dans des unités de l’armée allemande. Ces hommes, difficiles à joindre, restent des cas isolés.

D’autres Français ont porté aussi l’uniforme allemand ; mais ici, je ne parlerai pas de la Tragédie des « Malgré-nous« , de Pierre RIGOULOT, auquel un article des « Dernières nouvelles d’Alsace » (numéro 105 du samedi 05 mai 1990) fait allusion.

Selon la terminologie du IIIème Reich, les Alsaciens et les Lorrains étaient des « Reichsdeutschen« , des citoyens allemands du fait de l’annexion. Par conséquent, ils ont été mobilisés et incorporés dans des unités purement germaniques.

Pour des raisons bien compréhensibles, il est impossible de faire une étude statistique précise sur les motivations de l’ensemble des volontaires. Beaucoup de ces hommes ont été tués dès le début des opérations de la L.V.F.

Par la suite, parmi les survivants des premiers combats, les pertes ont été également importantes. Il en est de même pour les effectifs de la brigade d’assaut SS « FRANKREICH » et de la division « CHARLEMAGNE » dont quelques rares rescapés se retrouvèrent à Berlin dans les derniers jours des hostilités.

Aujourd’hui, les témoins encore vivants de cette aventure ne sont plus très nombreux et ont en moyenne entre soixante-dix et quatre-vingts ans. Ils ont vécu, et mènent désormais, pour la plupart, une vie paisible après avoir subi les tribunaux et la détention. Beaucoup ne veulent pas raconter leur histoire ou ne sont plus en mesure de le faire.

Semblable à une source dont le filet d’eau diminuerait progressivement et irrémédiablement au fil des jours jusqu’au tarissement, ces « anciens« , mémoire vivante d’une aventure qu’ils ont vécue comme héroïque et sublime, représentent une source de renseignements et de souvenirs qui s’éteindrait avec eux si personne n’en conservait aujourd’hui la teneur intrinsèque.

Chaque année qui s’écoule emporte dans son courant un ou plusieurs de ces hommes. Aujourd’hui ces survivants bien particuliers sont encore assez nombreux pour rendre possible une telle étude et verser au compte (et profit) de l’Histoire leurs témoignages. Dans quelques années, les tous derniers auront rejoint leurs camarades déjà disparus. Ce jour-là, faute d’acteur, il sera trop tard.

La première difficulté et non la moindre a été d’arriver à entrer en contact avec ces hommes. Ces premiers contacts ont été écrits, puis concrétisés ultérieurement par des conversations téléphoniques permettant de nouer des rapports plus directs et plus riches. Il faut réussir à inspirer confiance et se procurer des adresses. C’est un travail de longue haleine qui n’est pas toujours récompensé.

Se pose également le problème des relations humaines, fondées sur la recommandation directe, et en outre, la confiance réciproque, qui est le préambule nécessaire à tout début d’entretien.

Pour ces hommes, la relation humaine compte beaucoup. Ils désirent connaître la personne à laquelle ils vont accepter de retracer un moment si particulier de leur vie. Pour cette raison, des déplacements à travers la France, et même hors du territoire national, ont été nécessaires. Tel un sourcier maniant une baguette, j’ai cherché sur une carte le chemin qui me mènerait jusqu’au site de mes sources. Dans cette quête qui m’animait, le train et l’automobile furent deux instruments indispensables.

Des difficultés d’ordre technique se sont parfois posées lors de l’enregistrement des témoignages.

A ce sujet, nous remarquerons qu’ « entre la chose parlée et la chose écrite [...] il y a un décalage où s’échappent subtilement la vérité et la vie. » (Maurice PONS)

Il est évident que nous ne parlons pas comme nous écrivons. La transcription par écrit des propos enregistrés ne peut se faire sans une adaptation du texte oral de l’interlocuteur et, cela, en accord avec ce dernier. J’ai essayé de ne pas m’éloigner des expressions employées par les témoins pour préserver l’authenticité des témoignages.

Pour les personnes qui m’ont fait parvenir un texte manuscrit, il a fallu dans quelques cas apporter des corrections d’ordre syntaxique car, comme l’écrit Jean-Louis P… dans une de ses lettres :

 » Je ne suis pas un littéraire, encore moins un philosophe et non plus un historien. Je vous dis mon vécu et je crois pouvoir l’affirmer DU VRAI. Aussi, veuillez bien pardonner l’écriture et la forme. »

Un des problèmes auquel j’ai été confronté est celui de la mémoire de ces hommes que j’ai rencontrés ou avec lesquels j’ai eu un échange épistolaire.

Jean-Louis P… me confie :

 » Je pense honnête d’écrire ce que je note ici, mais peut-être que mes réactions tardives à soixante-douze ans ont été embellies inconsciemment. Une vérité est certaine, à partir du moment où j’ai choisi, je suis resté fidèle à ce choix. »

Nous ne possédons pas de données suffisantes pour faire une étude approfondie sur l’enfance de l’ensemble des volontaires afin d’essayer éventuellement (car, de toute manière le succès d’une démarche serait aléatoire), de repérer les signes qui auraient pu les amener à leur destin.

Je souhaite seulement donner un aperçu représentatif, bien que loin d’être exhaustif, de ces témoins.

Il est intéressant de remarquer que le terme « engagement » est un mot à double sens, appartenant au vocabulaire militaire. Il évoque l’action de se porter volontaire pour servir les armes à la main. C’est le cadre du sujet. Il évoque aussi l’affrontement, l’accrochage entre deux patrouilles ennemies.

De ces Français, certains ont porté l’uniforme « feldgrau » de l’armée régulière, la Wehrmacht. Mais, quelques milliers d’autres ont endossé (comme des milliers de volontaires européens) l’uniforme de la Waffen-SS, le « groupe de protection en armes« , la branche combattante de la SS (Schutzstaffel).

Les recherches effectuées concernent principalement des volontaires français des unités suivantes :

1. – La L.V.F : Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme ou 638ème régiment de la 7ème division d’infanterie de la Wehrmacht.

2. – La « SS Sturmbrigade Frankreich » (Brigade d’assaut SS Frankreich) appelée aussi simplement la « brigade Frankreich » de son vrai nom : « Französische SS Freiwilligen Sturmbrigade » (Brigade d’assaut des volontaires SS Français) avec ou sens le numéro 7.

3. – La « SS Freiwilligen Sturmbrigade CHARLEMAGNE » la « brigade d’assaut SS des volontaires CHARLEMAGNE » qui deviendra, dans le classement des divisions SS, la « 33ème Waffen-Grenadier Division der SS CHARLEMAGNE« , appelée plus simplement par les « anciens« , la « division CHARLEMAGNE« .

Je dois signaler les autres formations allemandes auxquelles des Français ont également appartenu, d’autant plus que certains volontaires de ces formations se sont retrouvés plus tard avec les autre « survivants de l’aventure hitlérienne » (1) au sein de la division CHARLEMAGNE. Les particularités propres aux volontaires français se retrouvent d’ailleurs dans les motivations de leur engagement dans une unité de préférence à une autre.

Des Français se sont engagés :

* Dans la N.S.K.K (la National-Sozialistisches-Kraftfahr (er)- Korps): Le corps motorisé national-socialiste.

* Sous l’uniforme gris de la Luftwaffe (à partir de l’été 1942).

* Dans les S.K (plusieurs milliers de Français). Ce sont les Schutzkommando(s), les commandos de surveillance de l’Organisation Todt (S.K der O.T).

* Dès décembre 1943, des volontaires ont rejoint la Kriegmarine.

* Dans l’organisation « TENO » (Technische Nothilfe), le service de réparation technique.

* En avril 1943, dans des unités de FLAK, fliegerabwehrkanone (ou flugzeugabwehrkanone), l’artillerie anti-aérienne.

* Dans la légion SPEER pour la défense des fortifications.

* Dans la division BRANDEBOURG et l’unité FRIEDENTHAL de SKORZENY, unités spéciales de renseignement et de sabotage dépendant de l’Abwehr.

* Dans la 28ème SS FREIWILLIGEN PANZER GRENADIER DIVISION « WALLONIE » de Léon DEGRELLE, dirigeant du Rexisme en Belgique.

Des jeunes femmes françaises volontaires se sont engagées dans le corps des infirmières de la Waffen-SS.

…/… voir I


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